ImmobilierPublié le 7 juin 2026

Squatteur dans un logement vacant

Découvrir que des personnes se sont introduites et installées dans votre logement vacant est une situation particulièrement éprouvante. Le sentiment…

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Squatteur dans un logement vacant

Introduction

Découvrir que des personnes se sont introduites et installées dans votre logement vacant est une situation particulièrement éprouvante. Le sentiment d'impuissance est souvent renforcé par une idée reçue tenace : une fois entrés, les squatteurs seraient intouchables. En réalité, le droit français a considérablement évolué ces dernières années pour mieux protéger les propriétaires victimes d'occupation illicite.

Depuis la loi du 5 mars 2007 et ses évolutions successives, notamment la loi ASAP de décembre 2020, il existe une procédure administrative d'expulsion accélérée qui permet, sous certaines conditions, d'obtenir l'évacuation forcée d'un logement squatté en quelques jours, sans passer par les tribunaux. Cette procédure est toutefois réservée aux situations d'introduction illicite dans un domicile — ce qui exclut certains cas de figure.

Comprendre la distinction entre un squatteur, un locataire qui ne paie plus et un occupant sans titre est essentiel pour choisir la bonne procédure et agir efficacement. Cet article vous explique vos droits, les démarches à suivre pas à pas, et comment réagir sans commettre d'erreurs qui pourraient se retourner contre vous.


À retenir

  • L'introduction dans un logement sans autorisation du propriétaire constitue une violation de domicile, infraction pénale prévue par le Code pénal.
  • Une procédure administrative d'expulsion accélérée existe pour les logements constituant la résidence principale du propriétaire ou un logement dont il a été expulsé par des voies de fait.
  • La trêve hivernale (du 1er novembre au 31 mars) ne s'applique pas aux squatteurs, contrairement aux locataires en impayé.
  • Le propriétaire ne peut jamais expulser lui-même un squatteur par la force : cela constituerait une voie de fait illégale.
  • Agir rapidement dès la découverte du squat augmente considérablement les chances de succès de la procédure.

Que faire immédiatement ?

  • Constater le squat sans entrer dans le logement ni confronter les occupants
  • Appeler le 17 pour signaler l'intrusion aux forces de l'ordre si elle est récente
  • Rassembler les preuves de sa qualité de propriétaire (titre de propriété, taxe foncière)
  • Faire constater l'occupation par un huissier de justice (commissaire de justice)
  • Déposer une plainte pour violation de domicile et introduction illicite
  • Contacter la préfecture si la procédure administrative accélérée est applicable
  • Ne jamais couper l'eau, le gaz ou l'électricité pour forcer le départ des squatteurs

Dans quels cas cette situation se produit-elle ?

Les squats de logements vacants concernent des profils de propriétaires très variés et des situations bien différentes les unes des autres.

Le logement vacant en attente de travaux ou de vente

  • Le propriétaire n'habite pas le bien et ne le surveille pas régulièrement.
  • L'absence prolongée favorise l'installation discrète d'occupants.
  • Le squat peut durer plusieurs semaines avant d'être découvert.

La résidence secondaire ou le bien hérité

  • Le logement est peu fréquenté, parfois situé dans une autre région.
  • Les squatteurs s'y installent pendant les longues périodes d'inoccupation.
  • La découverte intervient souvent lors d'une visite inopinée ou d'un signalement de voisinage.

Le logement mis en location dont le locataire est parti sans restituer les clés

  • Des tiers s'introduisent après le départ du locataire officiel.
  • Le propriétaire n'est pas informé immédiatement de la présence de nouveaux occupants.
  • La situation peut se compliquer si des sous-locations illicites ont eu lieu.

Le logement faisant l'objet d'une succession en cours

  • Le bien est vacant pendant le règlement de la succession.
  • Des squatteurs profitent de l'incertitude juridique sur la propriété.
  • Les héritiers doivent agir conjointement, ce qui peut ralentir les démarches.

Quels sont vos droits ?

En droit français, toute introduction dans un domicile sans l'autorisation de son occupant ou propriétaire est constitutive d'une violation de domicile, infraction pénale réprimée par l'article 226-4 du Code pénal. Le squat d'un logement est donc une infraction pénale, et non une simple situation civile.

La procédure administrative d'expulsion accélérée

Depuis la loi ASAP (loi n° 2020-1525 du 7 décembre 2020), le propriétaire dont le domicile — ou le logement dont il a été expulsé par des voies de fait — est squatté peut demander au préfet d'ordonner l'évacuation forcée des lieux. La procédure est la suivante :

  • Dépôt d'une plainte pénale pour violation de domicile.
  • Demande écrite adressée au préfet, accompagnée des justificatifs de propriété et de la plainte.
  • Le préfet dispose de 48 heures pour mettre en demeure les squatteurs de quitter les lieux.
  • En cas de refus, les forces de l'ordre procèdent à l'expulsion sans décision judiciaire préalable.

Cette procédure est rapide mais limitée : elle ne s'applique qu'aux situations d'introduction illicite dans un domicile au sens strict.

La procédure judiciaire de droit commun

Si la procédure administrative n'est pas applicable (logement non qualifié de domicile, occupation ancienne, situation complexe), le propriétaire doit saisir le tribunal judiciaire en référé pour obtenir une ordonnance d'expulsion. Cette voie est plus longue mais reste solide si le dossier est bien constitué.

BON À SAVOIR :

La trêve hivernale, qui interdit les expulsions du 1er novembre au 31 mars, ne protège pas les squatteurs. Elle ne concerne que les locataires liés par un contrat de bail. Un propriétaire peut donc obtenir et faire exécuter une décision d'expulsion contre un squatteur même en plein hiver.


Faut-il envoyer une mise en demeure ?

Dans le cadre d'un squat, la mise en demeure adressée aux occupants illicites joue un rôle complémentaire à la plainte pénale et à la procédure administrative ou judiciaire. Elle n'est pas obligatoire, mais elle peut être utile dans certaines situations.

Les avantages d'une mise en demeure

Elle formalise votre position de propriétaire légitime réclamant la libération des lieux. Elle constitue une preuve supplémentaire dans le dossier en cas de procédure judiciaire. Elle peut, dans de rares cas, inciter les occupants à partir volontairement avant toute intervention des forces de l'ordre.

Ses limites dans ce contexte

Elle ne remplace pas la plainte pénale ni la demande préfectorale. Elle n'a pas d'effet contraignant immédiat sur les squatteurs. Elle peut alerter les occupants et les inciter à organiser leur défense juridique.

SituationMise en demeure utile ?Procédure principale
Squat récent, domicile du propriétaireComplémentaireProcédure préfectorale (48h)
Squat ancien, logement non habitéOui, avant saisine judiciaireRéféré judiciaire
Occupation ancienne avec enfants mineursOui, avec prudenceProcédure judiciaire
Bien en cours de successionOui, par les héritiers conjointementProcédure judiciaire
Locataire parti, tiers installésOuiRéféré judiciaire

Comment rédiger une mise en demeure efficace ?

Une mise en demeure adressée à des squatteurs doit être rédigée avec précision pour être pleinement utile dans le dossier.

Les éléments indispensables à y faire figurer :

  • Vos coordonnées complètes en qualité de propriétaire
  • L'adresse exacte du bien occupé
  • La date de constatation de l'occupation illicite
  • La mention de votre qualité de propriétaire, avec référence au titre de propriété
  • La mise en cause explicite de l'occupation sans droit ni titre
  • La demande de libération immédiate des lieux
  • La référence à la plainte pénale déposée
  • La mention des suites envisagées (procédure préfectorale ou saisine du tribunal)

Le courrier doit être envoyé en recommandé avec accusé de réception, à l'adresse du bien squatté, et si possible remis également en mains propres devant témoins ou par voie d'huissier.

ATTENTION :

Ne tentez jamais de reprendre possession de votre logement par la force, même si vous êtes propriétaire. Changer les serrures, couper les fluides, intimider les occupants ou pénétrer dans le logement en leur présence pour les faire partir sont des actes constitutifs de voies de fait, susceptibles de vous exposer à des poursuites pénales. La loi vous protège, mais uniquement si vous respectez les voies légales.


Que faire si la mise en demeure reste sans réponse ?

Si les squatteurs ne quittent pas les lieux malgré la mise en demeure et les démarches initiales, plusieurs recours permettent d'obtenir leur expulsion.

Les solutions via les autorités

  • Relancer la préfecture si la demande administrative est en cours de traitement.
  • Contacter le procureur de la République pour accélérer le traitement de la plainte pénale.
  • Solliciter l'appui de la police ou de la gendarmerie pour dresser un procès-verbal de constat d'occupation.

Les recours judiciaires

  • Saisir le tribunal judiciaire en référé pour obtenir une ordonnance d'expulsion en urgence. Le juge des référés peut statuer rapidement lorsque l'atteinte à la propriété est manifeste et non sérieusement contestable.
  • Faire appel à un commissaire de justice (huissier) pour signifier l'ordonnance et procéder à l'expulsion avec le concours de la force publique.
  • En cas de résistance ou de dégradations, déposer une plainte complémentaire pour dégradations de biens et résistance à l'expulsion.

Il est fortement conseillé de se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit immobilier dès lors que la procédure s'étire ou se complexifie.


Quels documents conserver ?

  • Titre de propriété ou acte notarié
  • Derniers avis de taxe foncière au nom du propriétaire
  • Photos datées de l'extérieur et de l'intérieur du logement montrant l'occupation
  • Constat d'huissier (commissaire de justice) attestant du squat
  • Récépissé de la plainte pénale pour violation de domicile
  • Copie de la demande adressée à la préfecture et des échanges avec elle
  • Mise en demeure envoyée aux squatteurs avec accusé de réception
  • Témoignages écrits des voisins ayant constaté l'occupation
  • Tout document attestant que le logement était inoccupé avant l'intrusion (état des lieux, contrat d'assurance, relevés de compteurs)

Exemples concrets

Exemple 1

Situation : Paul est propriétaire d'un appartement à Lyon qu'il occupe habituellement comme résidence principale. Parti en déplacement professionnel de trois semaines, il découvre à son retour que plusieurs personnes se sont introduites et installées dans son logement, en forçant la porte d'entrée.

Résolution : Paul dépose immédiatement une plainte pour violation de domicile et adresse une demande au préfet du Rhône accompagnée de son titre de propriété et du récépissé de plainte. Le préfet met les squatteurs en demeure de quitter les lieux sous 48 heures. Face à leur refus, les forces de l'ordre procèdent à l'expulsion. Paul récupère son logement en moins d'une semaine.


Exemple 2

Situation : Martine a hérité d'une maison de campagne dans l'Hérault suite au décès de sa mère. Le bien est vacant depuis plusieurs mois pendant le règlement de la succession. Elle constate lors d'une visite que des inconnus y vivent depuis au moins deux mois.

Résolution : La procédure préfectorale n'est pas applicable car le bien ne constitue pas son domicile. Martine mandate un avocat et saisit le tribunal judiciaire en référé. Elle produit le titre de propriété, un constat d'huissier et des témoignages de voisins. Le juge ordonne l'expulsion sous astreinte. L'expulsion est réalisée par commissaire de justice avec le concours de la force publique.


Exemple 3

Situation : Karim est bailleur d'un studio à Bordeaux. Son locataire a quitté les lieux sans lui remettre les clés, et des tiers se sont installés sans son autorisation. Il ne connaît pas leur identité et n'a aucun contact avec eux.

Résolution : Karim dépose une plainte pénale pour violation de domicile et occupation sans droit ni titre, fait établir un constat d'huissier, et adresse une mise en demeure au bien squatté. Il saisit ensuite le tribunal judiciaire en référé. Le juge ordonne l'expulsion dans les quinze jours. L'expulsion a lieu sans incident avec l'intervention d'un commissaire de justice et d'agents de la force publique.


Questions fréquentes

Les situations de squat soulèvent de nombreuses questions pratiques et juridiques. Vous trouverez ci-dessous les réponses aux interrogations les plus fréquentes des propriétaires concernés.

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Questions fréquentes

À savoir avant d’agir

Un squatteur est une personne qui s'est introduite dans un logement sans aucun titre ni autorisation du propriétaire. Un locataire en impayé, en revanche, est entré dans le logement avec l'accord du propriétaire via un contrat de bail. Cette distinction est fondamentale car les procédures sont radicalement différentes. Le squatteur peut faire l'objet d'une procédure préfectorale d'expulsion accélérée ou d'un référé judiciaire, sans application de la trêve hivernale. Le locataire impayé bénéficie de protections spécifiques, notamment la trêve hivernale, et doit faire l'objet d'une procédure d'expulsion classique passant obligatoirement par le tribunal judiciaire.
Non. La trêve hivernale, qui court du 1er novembre au 31 mars, ne s'applique qu'aux locataires liés par un contrat de bail régulier, y compris en cas d'impayés. Elle ne protège pas les squatteurs, qui occupent un logement sans aucun droit ni titre. Un propriétaire peut donc obtenir et faire exécuter une décision d'expulsion contre des squatteurs à n'importe quelle période de l'année, y compris en plein hiver. C'est l'un des avantages importants de la distinction entre squat et location impayée.
Non, en aucun cas. Même si vous êtes propriétaire légal du bien, vous ne pouvez pas procéder vous-même à l'expulsion forcée des squatteurs. Changer les serrures pour les enfermer dehors, couper l'eau ou l'électricité pour les contraindre à partir, ou pénétrer dans les lieux pour les intimider sont des actes illégaux qualifiés de voies de fait ou d'expulsion illicite. Vous vous exposeriez à des poursuites pénales, indépendamment du comportement illicite des squatteurs. La seule voie légale est la procédure administrative via la préfecture ou la saisine du tribunal judiciaire.
Non. La procédure administrative accélérée prévue par la loi ASAP de décembre 2020 est limitée aux logements constituant le domicile du propriétaire, c'est-à-dire sa résidence principale ou secondaire. Elle s'applique également lorsque le propriétaire a été expulsé de son logement par des voies de fait. En revanche, elle ne s'applique pas aux logements locatifs vacants entre deux locataires, aux biens en cours de succession ou aux logements que le propriétaire n'habite pas. Dans ces cas, la procédure judiciaire en référé reste la voie principale.
La durée varie selon la procédure choisie et la complexité du dossier. En référé, lorsque l'atteinte à la propriété est manifeste et non contestée, le juge peut statuer en quelques jours à quelques semaines. Cependant, si les squatteurs organisent une défense juridique, contestent leur situation ou soulèvent des questions complexes (présence d'enfants mineurs, absence de logement de substitution), la procédure peut s'étirer sur plusieurs mois. Une fois l'ordonnance obtenue, l'exécution effective de l'expulsion par le commissaire de justice peut également prendre quelques semaines supplémentaires si le concours de la force publique est nécessaire.
Si des dégradations ont été commises dans le logement occupé illicitement, vous devez les faire constater par un commissaire de justice (huissier) dès que vous avez accès aux lieux, et si possible par des photos datées prises avant et après le squat. Vous pouvez déposer une plainte pénale pour dégradation de biens, en complément de la plainte pour violation de domicile. Sur le plan civil, vous pouvez réclamer des dommages et intérêts aux squatteurs identifiés dans le cadre de la procédure judiciaire. En pratique, la solvabilité des squatteurs est souvent limitée, ce qui peut rendre le recouvrement difficile.
Plusieurs mesures pratiques permettent de réduire le risque d'occupation illicite d'un logement vacant. Il est conseillé de visiter régulièrement le bien pour signaler toute présence inhabituelle, d'entretenir une relation de proximité avec les voisins qui peuvent alerter en cas d'intrusion, de sécuriser les accès (serrures de sécurité, fenêtres, portail) et d'afficher de manière visible que le bien est propriété privée. Une assurance habitation adaptée aux logements vacants peut également couvrir certains frais liés à un squat. Enfin, maintenir le bien en bon état général le rend moins attractif pour d'éventuels squatteurs.
Références juridiques

Références juridiques utiles

Code civil, Article 1103

Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits.

Source officielle

Code civil, Article 1217

Liste les sanctions possibles en cas d’inexécution contractuelle.

Source officielle

Code civil, Article 1344

Définit les formes de la mise en demeure du débiteur.

Source officielle
Voir aussi

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