ConsommationPublié le 8 juin 2026

Refus de remboursement après l'annulation d'un voyage ou d'un séjour

Vous avez annulé un voyage ou un séjour, et l'agence, le touropérateur ou la plateforme de réservation refuse de vous rembourser. Cette situation,…

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Refus de remboursement après l'annulation d'un voyage ou d'un séjour

Introduction

Vous avez annulé un voyage ou un séjour, et l'agence, le tour-opérateur ou la plateforme de réservation refuse de vous rembourser. Cette situation, malheureusement fréquente, plonge de nombreux voyageurs dans une grande incertitude : ont-ils vraiment droit à un remboursement ? Que dit la loi ? Et comment réagir efficacement ?

La réponse dépend avant tout du type de voyage concerné et des conditions dans lesquelles l'annulation a eu lieu. Un forfait touristique vendu par une agence de voyages n'obéit pas aux mêmes règles qu'une nuit d'hôtel réservée en direct ou qu'un billet d'avion sec. Le droit français offre toutefois des protections réelles aux consommateurs, à condition de les connaître et de les faire valoir.

Dans tous les cas, garder son calme, rassembler ses preuves et agir dans les bons délais fait toute la différence. Une mise en demeure bien rédigée permet souvent d'obtenir satisfaction sans passer par un tribunal.


À retenir

  • Le droit au remboursement dépend du type de prestation et des conditions générales de vente acceptées lors de la réservation.
  • Les forfaits touristiques sont fortement encadrés par la loi, notamment l'ordonnance du 20 décembre 2017 transposant la directive européenne de 2015.
  • En cas de circonstances exceptionnelles et inévitables (pandémie, catastrophe naturelle, conflit armé), le voyageur peut annuler sans frais.
  • Un avoir imposé à la place d'un remboursement en argent peut être illégal selon les circonstances.
  • La mise en demeure est une étape clé avant tout recours judiciaire.

Que faire immédiatement ?

  • Relire attentivement les conditions générales de vente du prestataire et repérer les clauses relatives à l'annulation et au remboursement.
  • Rassembler tous les justificatifs : confirmation de réservation, facture, preuve du paiement, correspondances échangées.
  • Contacter le service client par écrit (e-mail ou courrier) pour formaliser votre demande de remboursement.
  • Conserver une trace de chaque échange, même téléphonique (noter la date, l'heure, le nom de l'interlocuteur).
  • Envoyer une mise en demeure si le prestataire ne répond pas ou refuse le remboursement sans justification valable.
  • Saisir un médiateur ou une juridiction compétente en dernier recours.

Dans quels cas cette situation se produit-elle ?

Le refus de remboursement après annulation d'un voyage peut survenir dans des circonstances très variées. Voici les cas les plus fréquents :

Annulation à l'initiative du voyageur sans motif reconnu

  • Le voyageur annule pour des raisons personnelles (maladie sans certificat, changement de programme, erreur de dates).
  • Le prestataire applique les pénalités prévues dans les conditions générales de vente.
  • Le remboursement est partiel, voire nul, selon le délai d'annulation.

Annulation en raison de circonstances exceptionnelles

  • Crise sanitaire, tremblement de terre, attentat, fermeture de frontières.
  • Le voyageur invoque la force majeure ou les « circonstances exceptionnelles et inévitables » au sens de la directive voyages.
  • Le prestataire refuse malgré tout de rembourser ou propose uniquement un avoir.

Annulation par le prestataire lui-même

  • Le vol est annulé par la compagnie aérienne.
  • Le séjour est annulé faute de participants suffisants ou pour raisons opérationnelles.
  • Le prestataire propose un bon d'échange mais ne propose pas de remboursement en numéraire.

Réservations sur des plateformes en ligne

  • Réservation via Booking, Airbnb, Expedia ou des plateformes similaires.
  • Les conditions sont parfois non remboursables dès le départ, sans que l'utilisateur en ait pris conscience.
  • En cas de litige, la plateforme renvoie vers l'hôte ou le prestataire, qui lui-même renvoie vers la plateforme.

Quels sont vos droits ?

Les droits du voyageur varient selon la nature de la prestation.

Pour les forfaits touristiques

L'ordonnance n° 2017-1717 du 20 décembre 2017, transposant la directive (UE) 2015/2302, encadre strictement les forfaits touristiques. Un forfait comprend au moins deux types de services (transport + hébergement, par exemple) vendus ensemble par un professionnel.

Dans ce cadre :

  • Le voyageur peut annuler à tout moment avant le départ, mais des frais d'annulation peuvent lui être facturés.
  • En cas de « circonstances exceptionnelles et inévitables » au lieu de destination ou à proximité immédiate (guerre, catastrophe naturelle, épidémie grave), le voyageur peut annuler sans frais et obtenir un remboursement intégral sous 14 jours.
  • Si c'est l'organisateur qui annule, le remboursement doit également intervenir dans les 14 jours.

Pour les vols secs

Le règlement européen CE n° 261/2004 s'applique aux vols au départ ou à destination de l'Union européenne. En cas d'annulation du vol par la compagnie :

  • Le passager peut choisir entre le remboursement intégral du billet et un réacheminement.
  • Des indemnités complémentaires peuvent être dues selon le délai de prévenance.

Pour les hébergements seuls

Les règles dépendent entièrement des conditions générales acceptées lors de la réservation. Si le tarif choisi était non remboursable, le prestataire est en droit de conserver les sommes versées, sauf en cas de force majeure dûment reconnue.

BON À SAVOIR : Si le prestataire impose un avoir à la place d'un remboursement en argent alors que la loi prévoit le remboursement, cet avoir peut être contesté. Durant la crise sanitaire de 2020, une ordonnance avait temporairement autorisé les avoirs obligatoires, mais ce dispositif exceptionnel a pris fin. En dehors de ces périodes dérogatoires, un avoir ne peut pas vous être imposé si vous avez droit à un remboursement en numéraire.


Faut-il envoyer une mise en demeure ?

Lorsque le prestataire refuse de rembourser ou ne répond pas, la mise en demeure est l'étape incontournable avant toute démarche judiciaire. Elle formalise votre demande, constitue une preuve écrite et met le professionnel face à ses obligations légales.

Elle présente plusieurs avantages concrets :

  • Elle prouve votre bonne foi et votre démarche amiable.
  • Elle constitue le point de départ du délai pour agir en justice si besoin.
  • Elle suffit souvent à débloquer un remboursement, le professionnel préférant éviter une procédure.
SituationMise en demeure recommandée ?Délai conseillé
Refus de remboursement sans justificationOui, fortementDès le refus constaté
Absence de réponse du prestataireOuiAprès 15 jours sans nouvelles
Remboursement partiel contestéOuiDès réception du remboursement insuffisant
Avoir imposé illégalementOuiSans attendre
Annulation du vol non rembourséOuiSous 2 mois après le vol annulé

En matière de forfaits, l'organisateur dispose de 14 jours pour rembourser. Au-delà, la mise en demeure s'impose naturellement.


Comment rédiger une mise en demeure efficace ?

Une mise en demeure n'a pas besoin d'être complexe, mais elle doit contenir des éléments précis pour être efficace.

Les informations indispensables :

  • Vos coordonnées complètes (nom, prénom, adresse, e-mail).
  • Les coordonnées du prestataire (raison sociale, adresse du siège).
  • La référence de votre réservation et la date du voyage annulé.
  • Le rappel des faits : date de réservation, montant payé, date et motif de l'annulation.
  • La base légale ou contractuelle de votre demande (conditions générales, texte de loi applicable).
  • Le montant exact que vous réclamez.
  • Un délai raisonnable pour obtenir satisfaction (8 à 15 jours en général).
  • La mention des suites que vous vous réservez d'engager en cas d'absence de réponse (médiation, tribunal).

L'envoi par lettre recommandée avec accusé de réception reste la méthode de référence. L'envoi par e-mail avec confirmation de lecture peut compléter cette démarche, mais ne le remplace pas.

ATTENTION : Ne rédigez pas votre mise en demeure à la main sur une feuille volante sans conserver de copie. Une mise en demeure sans preuve d'envoi ni double signé ne vaut rien devant un juge. Conservez systématiquement la copie du courrier, le récépissé de dépôt et l'accusé de réception.


Que faire si la mise en demeure reste sans réponse ?

Si le prestataire ne répond toujours pas ou maintient son refus après la mise en demeure, plusieurs voies s'offrent à vous.

Les recours amiables

  • Saisir le médiateur du tourisme et du voyage (MTV), compétent pour la plupart des litiges liés à des voyages organisés ou des billets d'avion. La saisine est gratuite.
  • Contacter la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour signaler une pratique abusive.
  • Signaler le litige sur la plateforme européenne de règlement en ligne des litiges (RLL) si le prestataire est établi dans un autre pays de l'UE.

Les recours judiciaires

  • Le tribunal de proximité ou le tribunal judiciaire, selon le montant en jeu, est compétent pour les litiges de consommation.
  • Pour les montants inférieurs à 5 000 €, la procédure simplifiée (anciennement juge de proximité) est rapide et accessible sans avocat.
  • Si vous avez souscrit une assurance annulation ou une protection juridique, contactez votre assureur : il peut prendre en charge les frais et les démarches.

Quels documents conserver ?

  • Confirmation de réservation reçue après l'achat
  • Justificatif de paiement (relevé bancaire, reçu, facture)
  • Conditions générales de vente en vigueur au moment de la réservation
  • Courriers ou e-mails envoyés au prestataire pour demander le remboursement
  • Réponses (ou absence de réponse) du prestataire
  • Copie de la mise en demeure et accusé de réception
  • Justificatifs du motif d'annulation si applicable (certificat médical, arrêté préfectoral, avis de catastrophe naturelle)
  • Captures d'écran des échanges sur les plateformes en ligne

Exemples concrets

Exemple 1

Situation : Pauline a réservé un séjour tout compris en Grèce auprès d'un tour-opérateur pour 2 400 €. Six semaines avant le départ, elle annule pour raisons personnelles. Le tour-opérateur lui réclame 50 % du prix en frais d'annulation et refuse tout remboursement de la somme retenue.

Résolution : Pauline relit les conditions générales de vente et constate que les frais prévus pour une annulation à six semaines sont effectivement de 50 %. La retenue est donc conforme au contrat. En l'absence de motif reconnu par la loi (circonstances exceptionnelles), elle n'a pas de base légale pour contester ce montant. En revanche, si elle avait souscrit une assurance annulation, celle-ci aurait pu couvrir les frais selon les garanties prévues.


Exemple 2

Situation : Thomas a réservé un vol Paris-New York pour 620 €. La compagnie aérienne annule le vol 48 heures avant le départ, faute d'exploitation. Elle lui propose uniquement un avoir valable un an, qu'il refuse.

Résolution : Le règlement CE n° 261/2004 s'applique : Thomas a droit au remboursement intégral du billet ou à un réacheminement. Il refuse l'avoir et envoie une mise en demeure à la compagnie, en citant le règlement européen. Sans réponse sous 15 jours, il saisit le médiateur du tourisme et du voyage. La compagnie procède finalement au remboursement sous 30 jours.


Exemple 3

Situation : Marie a loué un appartement de vacances via une plateforme en ligne pour 800 €. Le tarif sélectionné était affiché comme « non remboursable ». Suite à une grève des transports affectant sa région le jour du départ, elle ne peut pas rejoindre le lieu de séjour et demande le remboursement à l'hôte.

Résolution : La clause non remboursable est contractuellement valide. Marie tente néanmoins de trouver un accord amiable avec l'hôte en lui expliquant la situation et en fournissant des justificatifs (communiqués de la SNCF sur la grève). Après une mise en demeure amiable, l'hôte accepte de lui rembourser 50 % à titre commercial. En l'absence de force majeure légalement reconnue pour ce cas précis, elle n'avait pas de droit absolu au remboursement, mais la démarche amiable a porté ses fruits.


Questions fréquentes

Les situations liées au refus de remboursement après annulation d'un voyage soulèvent de nombreuses interrogations pratiques. Retrouvez ci-dessous les réponses aux questions les plus courantes posées par les voyageurs confrontés à ce type de litige.

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Questions fréquentes

À savoir avant d’agir

Non, pas automatiquement. Tout dépend du type de prestation réservée et des conditions générales acceptées. Pour un forfait touristique, vous pouvez annuler à tout moment, mais des frais d'annulation peuvent être retenus selon le délai. Si des circonstances exceptionnelles et inévitables affectent la destination (guerre, catastrophe naturelle, épidémie grave), vous pouvez annuler sans frais. Pour un billet d'avion sec ou un hébergement à tarif non remboursable, le prestataire peut légalement conserver les sommes versées si vous annulez pour des raisons personnelles.
En principe, non. En dehors des périodes dérogatoires exceptionnelles (comme l'ordonnance temporaire de 2020 liée à la crise sanitaire), un prestataire ne peut pas vous imposer un avoir si vous avez légalement droit à un remboursement en numéraire. Notamment, si votre vol a été annulé par la compagnie aérienne, le règlement CE n° 261/2004 vous donne le choix entre remboursement intégral ou réacheminement. Si un avoir vous est imposé de façon illégale, vous pouvez le contester par mise en demeure.
Pour les forfaits touristiques, l'organisateur ou le détaillant dispose de 14 jours à compter de l'annulation pour procéder au remboursement intégral. Ce délai s'applique aussi bien lorsque c'est le voyageur qui annule pour circonstances exceptionnelles que lorsque c'est l'organisateur lui-même qui annule le séjour. Au-delà de ce délai sans remboursement ni justification, une mise en demeure est pleinement justifiée.
Ce renvoi de responsabilité est malheureusement fréquent. Dans ce cas, envoyez une mise en demeure aux deux entités simultanément, en les mettant en copie l'une de l'autre. Précisez que vous tenez chacune d'elles pour responsable solidairement de l'absence de remboursement. Si aucune des deux ne répond favorablement, saisissez le médiateur du tourisme et du voyage (pour les voyages organisés ou les billets d'avion) ou le médiateur de la plateforme. La plateforme européenne de règlement en ligne des litiges peut également être utile si le prestataire est établi dans un autre pays de l'Union européenne.
Oui, c'est précisément l'objet d'une assurance annulation. Elle couvre les frais retenus par le prestataire lorsque vous annulez pour un motif prévu au contrat d'assurance : maladie grave, accident, décès d'un proche, perte d'emploi, convocation devant un tribunal, etc. Les conditions varient selon les contrats. Il est donc essentiel de lire attentivement les garanties souscrites avant de déposer une réclamation. Si vous avez souscrit cette assurance via votre carte bancaire (Visa Premier, Mastercard Gold, etc.), vérifiez les conditions de votre carte, qui inclut souvent une couverture partielle.
La mise en demeure et la médiation sont deux démarches complémentaires. En pratique, il est conseillé d'envoyer d'abord une mise en demeure pour tenter un règlement direct avec le prestataire. Si celui-ci ne répond pas ou maintient son refus, la saisine du médiateur constitue une excellente alternative avant le recours judiciaire. Le médiateur du tourisme et du voyage (MTV) est compétent pour de nombreux litiges liés aux voyages et billets d'avion. Sa saisine est gratuite pour le consommateur et peut aboutir à une solution amiable en quelques semaines.
En principe, oui, si les conditions générales étaient clairement portées à votre connaissance au moment de la réservation et que vous les avez acceptées. Toutefois, certaines clauses peuvent être qualifiées de clauses abusives si elles créent un déséquilibre significatif entre les droits des parties. Par exemple, une clause qui permettrait au professionnel de conserver l'intégralité du prix même pour une annulation effectuée très en avance, sans aucune prestation réalisée, pourrait être contestée. En cas de doute, vous pouvez vous adresser à une association de consommateurs ou à la DGCCRF.
Références juridiques

Références juridiques utiles

Code civil, Article 1103

Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits.

Source officielle

Code civil, Article 1217

Liste les sanctions possibles en cas d’inexécution contractuelle.

Source officielle

Code civil, Article 1344

Définit les formes de la mise en demeure du débiteur.

Source officielle
Voir aussi

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